Petites contrariétés d'une citadine pas si moderne que ça

Articles de la catégorie “Bruxelles

La musique adoucit Bruxelles

Posté le 11 novembre 2016

Hier soir, sous la bise fraîche du mois de novembre, je quitte la place Flagey après un concert à la Soupape. Direction le lit!   A l’arrêt de bus, les écouteurs qui sifflent Tame Impala à mes oreilles, je jette un coup d’œil rapide aux horaires. Dix minutes d’attente… c’est long, lorsque l’on est statique, et que la froidure pique le bout du nez. Je préfère rester en mouvement, et portée par The Less I Know The Better, remonte la rue Malibran, sur le tempo.   Cela faisait longtemps que je ne m’étais plus octroyée une petite promenade nocturne… Il est loin, le temps où j’arpentais Bruxelles à pied, de long en large, le jour comme la nuit. Aujourd’hui, l’insouciance de mes vingt ans envolée, j’opte pour les transports en commun,…

Le village de Watermael-Boitsfort

Posté le 16 septembre 2016

Après dix années d’allégeance à Ixelles, j’ai décidé, non sans un pincement au cœur, de changer un peu d’air.   L’envie de me mettre au vert m’a poussée vers les bords de la capitale, et j’ai jeté mon dévolu sur Boitsfort.   Je quitte les avenues grouillantes pour un quartier calme et arboré : Les cris des écureuils ont remplacé les roucoulements gras des pigeons, les tondeuses à gazon sont plus douces aux oreilles que les marteaux piqueurs, et le chat, autrefois solitaire, partage désormais ses croquettes avec un hérisson.   Ces quelques notes campagnardes ne changent pas pour autant complètement le paysage: J’ai tout de suite repéré le Paki du coin (qui m’a déjà maintes fois rendu service), la voisine crie « Ici, Zinneke ! » pour rappeler son chien, et…

L’incontournable poulet du dimanche

Posté le 29 mai 2016

Il y a de cela quelques dimanches, après un weekend bien arrosé, l’idée de préparer un repas revigorant me titillait.   Je rêvais d’un plat mijoté longuement au four, laissant filtrer de délicieuses odeurs, qui se répandraient jusqu’au canapé, où je récupérais gentiment.   J’ai donc, à tout hasard, poussé la porte de la Maison Liénard.   Il existe encore quelques rares commerces de proximité, où la patience et la gentillesse du marchand ont fait de son enseigne une institution incontournable du quartier.   Je croyais cette époque révolue… jusqu’à ce fameux jour.   Petite bonne femme pleine d’énergie, aux douces pointes d’accent espagnol, Madame Liénard donc, tient sa maison depuis presque 40 ans.   Rien à voir avec un préposé boucherie, qui ne sait pas différencier une aile…

Temps de merde !

Posté le 27 avril 2016

Avril s’achève tranquillement.   Les douces températures, de saison, m’ont permis d’ouvrir ma terrasse, et d’y déposer quelques fleurs.   Le soleil, de moins en moins farouche, a quelque peu rougi ma peau imprudente, lors d’un après-midi d’insouciance aux Etangs d’Ixelles, assise sur l’herbe tendre.   Les premiers apéros prolongés envahissent les trottoirs des cafés, faisant renaître la vie fourmillante de la capitale. Et c’est quelque peu rosée par un coucher de soleil dégagé, que je rentre chez moi, sous les tardives lueurs du jour.   Oui, le printemps est bien là…   Mais quelle chimère je viens de décrire ! Aurais-je donc tant besoin de rêver, pour sortir de ma langueur? Je crois bien que c’est tout ce qu’il me reste…   Où se cache donc la belle…

Le couple de l’année au Marché de Flagey

Posté le 20 avril 2016

Par un beau samedi ensoleillé, je sors mon caddie, et le fais tranquillement rouler jusqu’à Flagey. Direction le marché !   A peine arrivée sur la place, je succombe face au premier étalage; les fromages !   Joliment présenté, du Saint Nectaire à la Fourme d’Ambert, chaque morceau fait divinement envie.   Derrière le présentoir, une roue de brie en tablier, cuir chevelu flamboyant, s’occupe de ma commande: « -Mettez-moi 200 grammes de celui-ci avec les trous, et la même chose de celui-là, le bien crémeux. -C’est à la découpe, hein, je fais à l’œil quoi, me répond froidement la maraîchère, le couteau à la main. -Oui, je vous fais confiance. » La commerçante s’exécute, découpant deux larges morceaux, qui n’ont pas vraiment l’air de répondre à ma demande. « -Voilà,…

La gueule de bois du 22 mars

Posté le 23 mars 2016

Ce matin, je me suis réveillée avec la gueule de bois.   Pourtant, la veille, je n’ai pas picolé à outrance. Mais quelque chose a du mal à passer… J’ai l’esprit brouillé, un sale goût dans la bouche, et un poids dans tout le corps.   Hier, calfeutrée dans ma maison à tourner en rond, j’en suis arrivée à envier mon chat, qui ronronnait insouciant, au son des hélicoptères et des sirènes hurlantes. Hier, le surréalisme a atteint son paroxysme. Hier, c’était hier.   Aujourd’hui, la tête encore lourde et le cœur serré, je veux récupérer mes droits et ma liberté dans cette capitale, qui est la mienne et celle de milliers d’autres ; Une ville multiculturelle à la diversité omniprésente, dont les parcs, les théâtres…

Boum boum dans mes oreilles

Posté le 11 novembre 2015

Le concert de Salut c’est cool au Botanique, c’était vendredi soir. J’y étais. Pour faire plaisir à Jules, et parce que le délire des quatre français me fait bien rire…   L’Orangerie est déjà remplie lors de notre arrivée, et bon nombre de personnes sont déguisées: Perruques, costume de fancy-fair cousu par maman et recyclé pour l’occasion, lunettes démodées, et j’en passe. Le tout pour refléter le style de l’anti-style, bref la tendance qu’influence le groupe (sans oublier la paire de Air Max).   Un coup d’œil à la populace: la plupart des gens sont plus jeunes que moi… je ne me sens pas trop dans le coup. Un brouhaha de circonstance couvre l’ambiance générale, et j’attends l’arrivée des artistes en buvant tranquillement mon demi.   Dans une union…

Les douces heures d’Uber

Posté le 4 novembre 2015

UberPOP, c’est fini ? Tant pis. Après tout, j’ai une Mobib et des gambettes, pas de quoi me ronger les sangs !   Alors, un soir, sous un interminable crachin automnal, comme au bon vieux temps, je rejoins l’arrêt de bus, tête baissée. Les multiples « temps théorique » pointés sur l’écran digital ne me disent rien qui vaille, mais je patiente gentiment sous l’aubette.   Au bout d’un long moment, j’aperçois le halo humide des phares : enfin! Je lève la main pour signaler ma présence, mais le 60 me passe sous le nez, me laissant juste le temps d’apercevoir la discrète inscription Sorry sur le cadran, avant de s’éloigner pour disparaître dans la bruine. Bon, bon, voilà, voilà…   N’étant pas sans ressources, j’appelle une compagnie de taxis. On me…

Dix bruxellois dans le piétonnier

Posté le 7 octobre 2015

Après tant d’années de guindaille, il y a une chose que je ne suis toujours pas parvenue à exécuter; M’éclipser au bon moment…   Je parle de cet instant où, voyant bien que la fête n’ira pas plus loin et qu’elle a déjà atteint son paroxysme, je me retire avec grâce, satisfaite d’avoir encore un peu d’heures de sommeil devant moi, pour profiter pleinement du reste de mon weekend.   Mais il n’en est rien ; même si la fatigue me terrasse et que mes pieds crient « pantoufles! », je continue à suivre la mouvance. Vers où? Nul ne le sait…   Ainsi, samedi dernier, prise dans le flux de piétons venus en nombre à l’occasion des Nuits Blanches, je me retrouve avec les copains, debout,…

A la brocante de Flagey

Posté le 16 septembre 2015

Septembre est propice aux vides greniers;   Une sorte de nettoyage de rentrée s’effectue dans les placards, et les exposants, languissants devant leurs brols, n’ont plus qu’à attendre derrière leur table à tréteaux qu’une bonne âme daigne les soulager d’une vieille pièce, en échange de quelques euros.   La brocante est donc, en quelque sorte, un étalage public de sa vie privée ; on y dévoile ce que l’on a été durant une époque, confessant du mauvais goût et des achats impulsifs: Ainsi donc, à maintes reprises, j’ai pu par exemple me dire : « Cette femme a donc mis cette horrible veste! Et pendant des années vu son état! » (du blouson, pas de la dame… quoique).   Etant moi-même amatrice de ces marchés aux puces de quartier, je me…