Petites contrariétés d'une citadine pas si moderne que ça

Articles de la catégorie “Drôle de siècle

Pardon, Daniel Day Lewis

Posté le 24 février 2016

Hier, après une journée de pluie, de grêle et d’alerte à la bombe (le quotidien de Bruxelles en somme), Jules et moi avons décidé de nous détendre devant un bon film.   Quel plaisir de me caler dans le fauteuil, alors que le héros poursuit sa quête sans relâche, tandis que je remonte tranquillement la couverture sous mon nez.   Après 20 minutes de tergiversations, il faut nous rendre à l’évidence: Je suis d’humeur développement personnel et beaux paysages, alors que Jules est plus zombie et tronçonneuse…   Nous arrêtons finalement notre choix sur un classique.   C’est parti pour le générique. Vient le premier plan, le protagoniste est de dos, il se retourne, et…   Pause -Quoi? -Tu peux éteindre la lampe? Il y a un…

Facebook expliqué aux parents

Posté le 27 janvier 2016

Il n’ y a pas de quoi en être fière, mais Facebook s’est imposé à ma génération comme une évidence :   Adolescente, j’ai eu l’occasion de m’exercer sur les prémisses de cette plateforme, avec Msn ou Caramail (époque un peu honteuse de ma vie…). A la maison, il était alors impossible d’utiliser le téléphone grésillant, parce que je « chattais » pendant des heures avec Lilalabelle ou Goldorack360.   Alors aujourd’hui, pour la pré-trentenaire branchée depuis belle lurette que je suis, utiliser ce réseau correctement est un jeu d’enfant (la plupart du temps).   Mais vous, chers parents, je vous plains. Vous, qui avez rallié la toile bleue pour rester dans le coup et comprendre les conversations de vos enfants (c’en est presque touchant), vos fréquents écarts ne sont que la conséquence de nombreuses inconnues !   Aussi,…

Vendredi 13

Posté le 18 novembre 2015

Vendredi dernier, nous fêtions tranquillement la fin de la semaine, lors d’une ripaille conviviale entre amis.   Le vin coulait allègrement dans les verres, et les discussions s’enchaînaient, mêlées de rires gras et sonores liés à la détente du weekend.   Les uns regardaient le match, d’autres refaisaient le monde en partageant une cigarette à la fenêtre ou se racontaient leur vie collés au canapé, pendant que les plus agités se trémoussaient sur la playlist.   Une soirée des plus banales en somme; un apéro prolongé, un repas bonne franquette, et quelques vidanges qui traînent à la cuisine.   Le Jenga posé sur la table, nous étions tels des enfants excités avant le début d’un jeu, et quelque peu grisés, gagions sur le premier qui ferait tomber la tour de bois.…

Je me suis endormie devant Star Wars

Posté le 21 octobre 2015

Hier matin, une publication ponctuée de smileys en coeur et points d’exclamations à la louche est apparue à plusieurs reprises sur mon fil d’actualité:   La nouvelle bande-annonce de Star Wars.   Star Wars, je connais oui. Qui n’a jamais entendu la fameuse réplique œdipienne, clamée d’une voix caverneuse, les testicules bien bas ? Impossible de ne pas avoir eu les oreilles bassinées, -à moins d’avoir passé sa vie en ermite-.   Star Wars, ça m’ennuie. Je n’ai jamais compris l’engouement face à toutes ces guéguerres entre extra-terrestres, visant la soucoupe ennemie sur fond de bruitages kitsch.   Histoire de mourir moins bête, j’ai tenté de regarder au moins un des volets de la saga. Mais ni la limace géante, ni le nain verdâtre ne m’ont convaincue (au contraire, à…

La réussite est le salut de ton âme !

Posté le 9 septembre 2015

Il y a quelques jours, dans le bus, deux femmes d’âge mûr se retrouvent, et se reconnaissant, discutent de choses et d’autres en s’échangeant des nouvelles de leur famille.   Jusque là, rien d’anormal, une conversation comme je les connais bien lorsque que je croise quelqu’un de ma connaissance, qui prend poliment le temps de s’enquérir de ma petite vie (alors que je suis en pleine crise existentielle et que j’aurais voulu ne croiser personne ce jour-là).   Un acte bien ordinaire donc, que ces petites madames sur la banquette, à conter leur entourage, une fois les nouvelles de l’une et l’autre prises avec soin. Jusqu’au moment où, dans un aveu franc et souriant, parlant sans doute du petit-dernier de son aîné ou du second de sa sœur,…

Le temple Carrefour

Posté le 18 mars 2015

La semaine dernière, prise d’une fringale à l’heure du goûter, je me retrouve face à un terrible constat: Le frigo est vide.   J’avais prévu de ne plus bouger de chez moi, mais devant l’estomac en furie, il me faut bien aller chercher de quoi le sustenter.   Évitant au maximum les emplettes ruineuses dans les Proxis du coin, je me dirige vers les grands axes, direction le Carrefour.   D’ordinaire, je sais précisément ce qu’il me faut, et, d’un pragmatisme pointilleux, je m’en remets à ma liste, dressée quelques temps plus tôt et ordonnée par rayons, histoire de passer le moins de temps possible dans ce lieu dédié à la consommation de masse.   Mais ce jour-là, fatigue et humeur maussade combinés, j’arrive dépouillée…

La femme parfaite est un selfie

Posté le 4 mars 2015

Lors d’une matinée grise, affalée dans mon canapé sous le prisme d’un rhume carabiné qui me fait une tête de chou-fleur flétri, mon téléphone sonne…   Entre une inhalation et une gorgée de tisane, je décroche; Il s’agit d’une proposition de casting pour une publicité. C’est urgent, et doit être bouclé dans la journée. Je réponds présente malgré l’envie fiévreuse de dormir. -Il faut bien gagner sa croûte-.   Le synopsis, des plus emballant, m’est envoyé par la suite: Une femme s’extasie devant son miroir après avoir réalisé une cure d’amaigrissement grâce à un produit pharmaceutique du dernier cri. On me demande de m’habiller « près du corps », en précisant que si je peux tricher sur mes formes avec un push-up, c’est encore mieux. Charmant.   Prise entre mon intégrité et…

Tu fumes, moi non plus

Posté le 21 janvier 2015

J’ai vraiment tout essayé: auto conviction, hypnose, patchs, appels désespérés au numéro vert et bonne résolution, rien n’y fait;   Je reste profondément non fumeuse.   Tout avait pourtant bien commencé… A l’âge de 16 ans, je m’essayais à l’art subtil de rouler mes cigarettes, pour tenter, rondin de la taille de mon pouce au bout des lèvres, d’en extraire le contenu. Hélas, tous ces efforts furent vains: Quelques mois plus tard, j’abdiquai pour cause d’aigreurs d’estomac et mauvaise haleine palpable.   Enfant toutefois, je revendiquais vaillamment mon air pur en affrontant la nicotine au moyen de méthodes implacables; Quand je ne collais pas de sigles antitabac sur toutes les portes de la maison (y compris celle des toilettes), je fendillais l’une ou l’autre Gauloises, avant de les remettre discrètement dans…

Lavage de cerveau

Posté le 7 janvier 2015

Il est des rendez-vous dont je me passerais bien, mais pour lesquels une visite de courtoisie est nécessaire. C’est le cas du dentiste, du gynécologue… et du passage chez le coiffeur.   Cette entrevue capillaire est, pour beaucoup de femmes, une démarche de bien-être dans l’envie d’un renouveau. Chez moi, elle relèverait plutôt de la corvée -et du trou dans le budget-.   Me décidant toujours sur un coup de tête (le jour où mes filasses blondes se rebellent pour de bon), je sors de chez moi décidée à régler l’affaire au plus vite.   Me voilà dans les rues d’Ixelles, à la recherche du sauveur de ma crinière. Je n’ai aucun établissement de prédilection; il me faut une coupe dans l’heure, et rapide s’il-vous-plaît !  …

Conspirante consommation

Posté le 17 décembre 2014

Mes aventures rocambolesques d’étudiante sans le sou contées la semaine dernière sont à présent bien loin.     Je jouis aujourd’hui d’un certain confort de vie, au salaire toutefois modique. Hors, en cette période, l’envie d’agrémenter mon séjour d’un arbre de Noël s’est une fois de plus faite ressentir.   Mon pauvre ficus ayant trépassé l’été dernier -je soupçonne le chat d’avoir marqué son territoire abusivement- j’ai donc serré très fort ma ceinture pour acheter le plus petit sapin de toute la ville.   Je l’avais repéré il y a un certain temps, chétif et fragile dans sa vitrine, écrasé par ses congénères plus imposants, il faisait figure de pauvre. Nous étions faits l’un pour l’autre.   Hier donc, je me décide enfin et entre dans la boutique. Dieu que la file…