Certains jours, il me vient la solide envie de rester au lit et de boycotter ma routine matinale :

 

-Chercher à tâtons l’interrupteur, et habituer mes petits yeux à l’attaque de la lampe, pour ne pas trébucher dans le couloir en pleine pénombre ;

 

-Grelotter jusqu’à la douche et mettre l’eau chaude au maximum (la température du thermostat, pourtant allumé, stagne sur 15 degrés jusqu’à mon départ) ;

 

-Ecouter Denis Collard parler de grisaille, de vent, d’averses faibles à modérées sur l’ensemble du territoire, tout en trouant ma tartine sur laquelle je tente d’étaler mon beurre durci ;

 

-Retourner dans la salle de bains, mouiller mes chaussettes sur le tapis encore humide et chercher une éternité le dentifrice planté juste devant moi.

 

Alors ce matin, juste avant d’éteindre la radio, emmitouflée dans mon écharpe, j’ai tiqué sur cette petite phrase :

« Les gens partent de plus en plus loin pour les vacances de la Toussaint. »

 

Rien d’étonnant !

Un chalet dans les Ardennes est synonyme de pluie contre le carreau et longues après-midi de Réussite sur la toile cirée, tandis qu’un appartement à Middelkerke pousse à allumer le poste de télévision dès 11h du matin, après une séance de cuistax qui a gelé le bout de chaque doigt et fait voler la mucosité coulante des narines sur les joues rougies.

 

Ils ont raison, ces éclairés, de partir pour des contrées où subsistent encore quelques rayons !

 

Le temps d’une semaine, leurs oreilles oublieront les sempiternels:

-« On recule d’une heure ou on avance ? Je sais jamais. »

-« Il fait bien cru aujourd’hui. »

-« On s’approche du jour le plus court de l’année. »

-« Tu fais quoi pour le nouvel an ? »

-« Je pars de chez moi, il fait noir, je rentre, il fait noir ! »

-« L’année passée à cette saison, il faisait plus doux. »

illu_citrouille

Alors que la canicule du mois d’août me semble à des années lumière, je frise déjà l’overdose de raclette et de soupe au potiron, et retiens de virulents spasmes dès que je tombe sur les chocolats de Saint-Nicolas dans les rayons des supermarchés.

 

D’où l’envie de rester sous ma couette le matin.

Sauf si c’est pour partir à l’aéroport…

 

Je m’adresse donc ici à tous les heureux, qui dès ce soir, s’envoleront là où l’été semble ne s’être jamais arrêté :

Il reste de la place dans votre valise ? Je m’y glisse volontiers.

Et si vous avez prévu de l’espace pour vos souvenirs, ne vous inquiétez pas pour le retour, je compte revenir au mois de juin !

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