Amsterdam, le temps d’un weekend…

 

Une escapade entre filles, où promenades, visites et fêtes, se mêlent aux bavardages et éclats de rire.

 

Un tour sur Airbnb, le choix d’un logement pas trop luxueux (notre portefeuille est maigre), mais tout de même correct (fini, le temps des scouts), et le tour est joué.

 

Vendredi matin, serrées à cinq dans une voiture qui transpire déjà la bonne humeur, nous informons Liz, notre hôte, de notre arrivée.

 

Sur le parking du rendez-vous, c’est un certain Johnson qui se présente à nous, excusant Liz de ne pouvoir être présente.

Celui-ci nous mène jusqu’à l’appartement… situé dans un HLM.

 

Un peu surprises par le lieu (fort éloigné de la description sur le site), nous préférons en blaguer:

« -Tiens… cette trace rouge sur le mur… c’est rassurant ! ».

 

Johnson nous ouvre la porte, et nous observons brièvement le studio:

Niveau propreté, ce n’est pas le palais des glaces, mais en mettant de côté les cadavres de bouteille dans la cuisine, cet endroit fera bien l’affaire pour deux courtes nuits!

 

Après une excellente sortie, fourbues, grisées et le sourire aux lèvres, nous revenons chez « nous » avec une seule envie:

Nous glisser dans nos plumes !

C’était sans compter sur la présence d’une sixième locataire, qui squattait bruyamment le placard…

A en juger par les mini fientes retrouvées sur le drap de lit, cette souris est installée ici depuis belle lurette.

Nous rejetons vivement la couette à l’autre bout de la pièce, et avons juste le temps d’apercevoir la clandestine résidente s’enfuir de la chambre.

 

Le lendemain, nous envoyons un mot à notre hôte, photos à l’appui, et transmettons le tout à Airbnb.

Une réponse de la part du site ne se fait pas attendre:

L’appartement est sale, en mauvais état, et ne correspond pas à la description fournie.

Airbnb nous propose un remboursement de 50%.

 

Satisfaites, nous sortons profiter de notre seconde journée.

Mais Johnson nous texte, pour nous sommer de revenir à l’appartement et discuter.

Liz, avertie du litige, n’est visiblement pas très contente.

Nous lui répondons gentiment que nous n’allons pas nous retaper 20 minutes de transport, mais que c’est avec plaisir que nous lui montrerons les défauts de l’appartement le lendemain, au check-out.

Johnson insiste, et nous bombarde de messages.

Fatiguées de tous ces échanges, nous lui écrivons une dernière fois qu’il serait de bon ton qu’il nous laisse tranquilles jusqu’au moment du départ.

 

Le soir, rentrées à l’appartement, le wifi faisant son office, nous découvrons un mail de Liz, nous expliquant qu’elle a annulé la réservation suite à notre réclamation, et que son ami passera prendre les clés.

Nous prenons ce mail pour une ridicule menace, sachant l’hôte furieuse.

Prudentes, nous laissons tout de même la clé sur la porte, et allons nous coucher.

 

Sur les coups des trois heures du matin, nous sommes réveillées par une voix bruyante.

L’ombre d’un homme se dessine sur le rideau de la fenêtre. La sonnette retentit.

Sans faire le moindre bruit, nous nous rassemblons toutes les cinq dans la même pièce, apeurées.

Des coups violents retentissent sur la porte, et les cris de Johnson se font plus forts:

Il veut « juste nous parler ».

illu_airbnb

Nous restons silencieuses, dans l’espoir qu’il finira par nous croire absentes.

Mais l’homme introduit sa clé dans la serrure… et surpris par le fait de ne pouvoir entrer, se met à hurler.

La panique nous saisit.

 

Nous sommes prêtes à composer le 112, mais Johnson menace de défoncer la porte.

Le temps que la police arrive, il sera déjà dans l’appartement…

Nous lui répondons, en hurlant à notre tour, que nous sommes en petite tenue, et qu’il peut bien attendre deux minutes !

En un rien de temps, nous rassemblons nos affaires.

Au moment d’ouvrir la porte, nous ne savons absolument pas ce qui nous attend…

 

Johnson, les yeux rouges, se tient devant l’entrée, accompagné d’un ami.

Tout en se roulant un énorme pétard, il se met à nous reprocher, dans un anglais approximatif, que nous n’avons pas eu une attitude correcte, et termine sur cette note:

-I’m sad girls… you know… I’m very sad…

Effrayées par l’attitude fiévreuse de l’homme (sous l’emprise d’une bonne palette de stupéfiants), nous échappons à ses dernières paroles, descendons l’immeuble en quatrième vitesse, sautons dans la voiture, et allons nous calmer quelques centaines de mètres plus loin.

 

Sur le bord d’une chaussée, en pyjama, nous essayons de retrouver nos esprits, avant de reprendre la direction de Bruxelles.

Trois longues heures de route dans un brouillard épais, et nous voilà chez nous, saines et sauves.

 

Mais il faut plus qu’un stonard malveillant pour nous abattre !

 

Le dimanche s’est donc passé dans notre capitale, autour de quelques verres, et de quelques bons fous rires, nous remémorant la bonne partie de notre séjour écourté, non sans cracher sur celui qui nous a fait vivre cet angoissant scénario, digne d’un film de série B.

Commentaires

commentaires