De la Grand Place au Colisée en passant par l’Alhambra, il fait le bonheur des pros de la duckface et des vendeurs de rue depuis quelques (trop nombreuses) années.

 

Ce grotesque prolongement du bras droit en plastique qui donne à ses adeptes une allure de cyborgue mégalo est à deux doigts de causer la perte de ma foi en l’humanité.

 

Le ridicule ne tue pas, dit-on ?

C’était vrai, jusqu’à l’invention du selfie-stick…

Plusieurs personnes sont effectivement passées de vie à trépas, le temps d’un cliché, distraits par l’angle parfait que leur procurait leur canne à poire…

Cher payé pour une photo de profil à titre posthume…

 

Cet amour propre de seconde zone en vaut-il vraiment la peine?

C’est un peu comme si Narcisse, au lieu de se mirer dans l’étang, était mort en reluquant son faciès dans le rétroviseur d’une Lada… Triste, n’est-il pas ?

 

Après, libre à chacun de choisir son heure… en laissant le reste du monde tranquille, par pitié !

 

Que les accros du paluchage de la face prennent des risques en se tapant sur le bord d’une falaise pour immortaliser leur moment de gloire au coucher du soleil tout en évitant le gratte-ciel en construction, quitte à sauter dans le ravin, soit.

 

Mais lorsqu’ils dégainent leur armada sous l’impulsion d’un énième auto-portrait, personne n’est à l’abri d’un coup de bâton (involontaire), voire d’une insulte bien placée (avec toute la volonté du monde) pour être passé derrière eux au moment de la prise !

 

Et nous n’en sommes qu’aux balbutiements…

Dans un futur pas si lointain, sous un bourdonnement qui couvrira les cloches du Campanile, la place Saint-Marc sera envahie de drones gravitant au-dessus de chaque touriste un peu trop en amour de lui-même, désireux de ramener un souvenir « authentique », la bouche en cul de poule.

 

Il est temps d’agir.

illu-selfie-stick

Je propose, pour ce faire, une solution des plus conviviales (joignons l’utile à l’agréable) :

 

Un grand feu de joie, où tout un chacun pourra déposer les armes du culte de soi.

Soit une manière comme une autre de réduire la culture de l’égotrip en cendres.

 

Tout le monde danserait autour du brasier, sans filtre, et tous tout nus, pourquoi pas, poussons la décomplexion à son paroxysme.

 

Je veux bien fournir les allumes-feux, la saison des barbecues est bientôt terminée de toute façon.

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