En cette période de ma vie, les invitations aux mariages s’entassent sur la porte du frigo.

A plusieurs reprises donc, je revêtis ma jolie robe afin de faire part de mes vœux aux frais amoureux.

 

J’ai ainsi eu l’occasion d’assister à ces différentes cérémonies, qui, comme la tradition l’entend, se veulent unique en leur genre et à l’image des élus du jour.

 

Je peux aujourd’hui distinguer plusieurs catégories d’épousailles, annonçant la couleur dès la réception du faire-part.

Retenons principalement celles-ci :

 

-Le mariage de beauf’;

 

Dans la salle, l’ambiance ressemble plus au centenaire de bobonne qu’à la célébration de la nouvelle alliance. C’est du pareil au même : on a juste trouvé un prétexte pour se retrouver et s’en mettre une solide.

Les discours sanglotant sont plus le résultat d’un taux d’alcoolémie en augmentation constante depuis le dressage des tables la veille, que d’une réelle émotion.

Vient ensuite le temps du (pourtant révolu) Power Point:

Les photos peu glorieuses de la mariée défilent devant l’assemblée des invités, sur fond de commentaires scabreux scandés en cœur par l’assemblée, entre deux gorgées de vin de table. La projection se termine sans surprise sur le beau-père en slip cramoisi posant sur le bord de la piscine d’un All-In de Bodrum.

 

-Le mariage « fils de »;

 

Dès le cartonné en origami et les plumes qui se répandent au sol à l’ouverture de l’enveloppe, je comprends le délire :

« Viens boire gratuit, c’est papa qui paie ».

La journée se déroule dans la plus grande bienséance, et les nombreuses répétitions n’auront prédit ni faux pas ni faux pli. Tout le monde fera bonne figure jusqu’à l’ouverture du bal dans sa farandole de desserts émulsionnés.

Mais, une fois la série de clichés destinés à l’Eventail terminés, le champagne coule à flots, et très vite, le beau monde dans ses pompeux atours n’est plus que le pâle reflet de lui-même…

Les transpirantes auréoles saillent à travers les chemises en satin, les chapeaux sont de travers, et quelques cravates hors de prix se retrouvent nouées autour des têtes.

La traîne de la robe immaculée n’est plus qu’une grosse trace noire, et les talons se retrouvent abandonnés près du  DJ – cousin germain de David Guetta-, qu’une demoiselle d’honneur (l’ayant malheureusement perdu) tente de ramener dans sa chambre privatisée à coups de rabais de décolleté.

 

-Le mariage de vieux scouts :

 

Pour seul Dress Code, l’apport du foulard noué en carré.

Un méchoui constitue le repas de noces, pris sur de grandes tablées bancales avec des couverts en plastique. Viendra ensuite le traditionnel gâteau au Petit Beurre, que le couple ne parviendra jamais à couper.

D’ordinaire, je me trémousse assez facilement sur la piste, mais Capitaine Flam et Bob Morane ne me font plus bouger un seul orteil…

Au moment où Les Sardines cracheront dans le baffle, je déclarerai qu’il est temps de m’en aller.

Sauvons-nous avant d’être entraînés dans la chenille !

illumariage

-Le mariage anti-mariage;

 

Le couple, pas comme les autres, décide de s’unir en refoulant tout ce qui touche à l’aspect convenu d’un mariage, par pur souci d’antagonisme.

La mariée n’est pas en blanc, porte un tailleur, et la fête a lieu un jeudi après-midi.

L’invitation a été lancée par sms (pourquoi gaspiller du papier?), et l’union se fait en petit comité -pour éviter les faux-culs-.

Ni toast, ni chapelle, un passage rapide à la commune fait l’affaire.

Tout le monde se retrouve au restaurant chinois d’en face, pour marquer le coup mais pas trop.

Le fruit de la cagnotte ira tout droit au parrainage d’un enfant d’Unicef, ils n’en n’ont pas besoin, car, je le répète, ils ne sont pas comme les autres.

 

Je médis, je médis, mais ferais-je vraiment mieux si, un jour, j’avais moi-même la bague au doigt ?

 

Allez, sans rancune, et vive les mariés !

Commentaires

commentaires