Chaque année à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, j’ai les nerfs en pelote…

 

Non pas face à l’indignation de certains et certaines, qui réclament que dédier une journée à la femme est discriminatoire

(il est vrai qu’à côté de journées mondiales du tricot ou des toilettes, il y a de quoi rester perplexe) ;

 

Non plus parce que penser au droit des femmes un jour par an soulage les consciences pour les autres jours de l’année ;

 

Tout cela est favorable au débat, et ne comporte donc rien de bien méchant.

 

Ce qui me met en pétard est bien plus ordurier.

 

Chaque 8 mars, en ouvrant ma boîte mail, je tombe sur des réclames en tout genre, de la part de grandes enseignes.

La cause de cet élan de générosité ?

La journée de la femme, pardi!

 

Je suis donc couverte de « cadeaux » que je n’ai plus qu’à aller chercher, en glissant dans l’oreille de la vendeuse un super code secret-complice.

 

« Pour toute commande passée aujourd’hui, recevez votre tote bag ! » .

(Parce que « sac en toile » sonne vieille scoute, et non femme libre, glamour, et indépendante).

 

La besace en question est bien évidemment dotée d’un énorme logo, histoire que je trimbale la marque dans toute la ville, pour pas un rond.

Peut-être devrait-on préciser qu’il ne s’agit pas de la journée de la femme-sandwiche?

 

Dans un autre mail, so girly, petit cœur à l’appui, une boutique en ligne me propose ceci:

« Offrez-vous un nouveau portefeuille, et dites-vous merci ».

illu_mars

Afin de marquer « cette journée exceptionnelle qui est la mienne », j’ai droit à une réduction sur un fond de stock, dont la fabrication plus que douteuse, implique probablement une autre femme, à l’autre bout du monde, dans une usine de misère, où l’on attrape toutes sortes de saloperies incurables en moins de deux inhalations.

Merci mais non merci.

 

Pour ces institutions (au sens marketing de haut niveau), le 8 mars est donc la journée « on en profite pour faire du profit ».

Bravo pour ce détournement minable.

 

Une chose est sûre, grâce à vos actions commerciales peu réfléchies, j’éviterai soigneusement de remettre un pied dans vos magasins.

 

En espérant que vous n’avez pas la conscience tranquille (ce dont je doute, hélas, fortement), recevez, ma déconsidération la plus distinguée.

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