Malgré mes défenses immunitaires et mon tube de vitamines, je succombe aux ardeurs de l’hiver et me vois forcée de rester au lit.

 

Cette idée ne m’aurait pas déplu étant enfant, où je passais professionnelle en la matière lorsqu’il s’agissait de me porter pâle; un petit rhume, et hop, le tour était joué!

 

Il fallait néanmoins préparer le terrain:

 

La veille, je renonçais -non sans mal- à ma Danette, prétextant un petit appétit, et allais me coucher plus tôt que d’ordinaire.

(Tant pis pour l’épisode d’Urgences, si tout va bien, demain, la télécommande est à moi!).

Ma mère me passait la main sur le front…

 

Au petit matin, je toussotais bruyamment en sortant de ma chambre et chipotais dans mes céréales.

-Il m’arrivait parfois de coller le thermomètre contre ma lampe de chevet, comme dans E.T. Résultat garanti, merci Elliot!-

Mes parents ne voyaient alors pas d’autre alternative que de me laisser à la maison…

C’était gagné.

 

A moi la journée en pyjama! Alors que tous les copains faisaient l’interro sur la dynastie belge, je trônais en reine du canapé !

(Pas de souci pour la matière, un dévoué camarade m’apportait mes feuilles, avec un petit mot de rétablissement de la part de toute la classe).

Le soir, mon père, attendri par ma bouille habilement déconfite, me rapportait une BD.

Bref un vrai coup de maître!

 

Aujourd’hui c’est différent…

 

Ma conscience me fait rester au domicile uniquement lorsque je me sens faible au point d’avoir du mal à bouger le petit doigt…

C’est alors toute une entreprise que de me traîner en peignoir jusqu’à mon téléphone pour prévenir le boulot, -et m’assurer que mon absence ne pèsera pas trop sur les autres-.

illu_malade

A l’heure de midi, personne ne passe en coup de vent pour s’inquiéter de mon état de santé et m’apporter une bonne soupe.

-Il doit bien rester une Royco dans le placard…-

 

Point non plus de sieste dans le sofa :

Il me faut patienter amorphe dans une salle d’attente bondée, pour obtenir le précieux certificat qui, -lui seul et non ma voix rauque-, me justifiera auprès de mon employeur.

Le médecin me gavera de médicaments (fini, le temps du Lysomucil au goût de Fanta), et d’honoraires salés pour m’avoir fait respirer par la bouche.

 

Plus question de passer mon temps devant la télé : je culpabilise de mon improductivité.

Je dépéris donc chez moi, incapable de rien, pensant déjà au lendemain où le double de travail m’attendra.

 

Le goût du refroidissement était plus doux dans le temps…

 

Bon, je retourne me coucher.

Quelqu’un m’apporte une BD ?

Snnurfff. Pardon.

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