Ce matin, je me suis réveillée avec la gueule de bois.

 

Pourtant, la veille, je n’ai pas picolé à outrance.

Mais quelque chose a du mal à passer…

J’ai l’esprit brouillé, un sale goût dans la bouche, et un poids dans tout le corps.

 

Hier, calfeutrée dans ma maison à tourner en rond, j’en suis arrivée à envier mon chat, qui ronronnait insouciant, au son des hélicoptères et des sirènes hurlantes.

Hier, le surréalisme a atteint son paroxysme.

Hier, c’était hier.

 

Aujourd’hui, la tête encore lourde et le cœur serré, je veux récupérer mes droits et ma liberté dans cette capitale, qui est la mienne et celle de milliers d’autres ;

Une ville multiculturelle à la diversité omniprésente, dont les parcs, les théâtres et musées, les bars fourmillants et les places animées ne demandent qu’à se remplir de nouveau.

 

Aujourd’hui, je ne me sens pas plus belge qu’hier, pas plus bruxelloise qu’il y a deux jours, pas plus patriotique que d’ordinaire, pas plus européenne que ça.

 

Je me sens citoyenne d’un monde qui part en vrille, impuissante face à tant d’abomination, tant de médiocrité, tant de décisions politiques signées en douce sur un coin de table ; impuissante face à une démocratie qui n’en porte, hélas, que le nom ; impuissante face aux uns qui vivent quotidiennement ce que nous avons connu hier, et aux autres que l’on trimbale comme des pions, d’une frontière à l’autre.

 

Mais je veux reprendre possession de mon quotidien, chamboulé par une bande de fous furieux au cerveau plus pétri qu’une pâte à gaufre.

 

Alors, au nom de toutes les victimes du terrorisme, je vais continuer à vivre selon mes propres valeurs, enseigner ce qui me semble juste, écrire ce qu’il me plaît d’écrire, me sentir libre d’aller où bon me semble, sans cette peur qui prend aux tripes, et que l’on essaye de me refiler avec horreur.

 

Je vais retrouver ma vie et ma ville, ses fêtes, ses marchés, ses verres en terrasse dès que le moindre rayon de soleil se fait sentir, son bordel et son incohérence, ses cons et ses chouettes gens, ses embouteillages et ses rassemblements.

 

Cette gueule de bois-là, il va me falloir longtemps pour m’en remettre…

Je me sens petite, toute petite.

illu_attentats

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