Hier soir, sous la bise fraîche du mois de novembre, je quitte la place Flagey après un concert à la Soupape.

Direction le lit!

 

A l’arrêt de bus, les écouteurs qui sifflent Tame Impala à mes oreilles, je jette un coup d’œil rapide aux horaires.

Dix minutes d’attente… c’est long, lorsque l’on est statique, et que la froidure pique le bout du nez.

Je préfère rester en mouvement, et portée par The Less I Know The Better, remonte la rue Malibran, sur le tempo.

 

Cela faisait longtemps que je ne m’étais plus octroyée une petite promenade nocturne…

Il est loin, le temps où j’arpentais Bruxelles à pied, de long en large, le jour comme la nuit.

Aujourd’hui, l’insouciance de mes vingt ans envolée, j’opte pour les transports en commun, plus rassurants.

 

Mais il est grand, le pouvoir de la musique !

Et dans les rues sombres, quelques chansons pour seule arme, je suis invincible.

Poussée par une adrénaline eurythmique, je me sens la force de plaquer le premier venu au sol.

Vous voilà prévenu !, me dis-je pour moi-même, la démarche assurée.

 

A l’arrêt suivant, point de bus annoncé dans les temps.

Je continue ma route, curieuse de savoir ce que la lecture aléatoire me réserve.

 

Au pont du Germoir, emprise par le requiem de Mozart, je me sens Reine, et contemple, magistrale, le paysage urbain sous la brume.

« Ce que je kiffe ma ville !  » pense-je, avant de reprendre mon chemin, sous l’influence de Lauryn Hill.

 

Du classique à la soul, l’étrange transition se fait en harmonie.

Mon Ipod aurait-il créé cette playlist sur mesure ?

Chaque morceau est une histoire que je me raconte dans le noir, et s’enchaîne de façon limpide, tels des petits remontants, nécessaires à ma longue déambulation.

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Un peu plus loin sur le trottoir, alors que je chante à tue tête Les filles du Bord de Mer, je scrute le moindre passant noctambule pour l’entraîner dans une valse.

Tsoin, Tsoin ! Le 95 passe à toute allure.

Loin de moi l’idée de courir pour le rattraper ;  je plane mélodieusement sur mon nuage, et avance en cadence, malgré le froid.

 

Devant le cimetière d’Ixelles, les douces Faon Faon me font pousser des ailes.

Emportée par les accords, je quitte les tables grouillantes des bars, pour décoller avec Life On Mars.

 

Mais il est temps de revenir sur terre…

Et, alors que j’entame tout doucement la descente vers mon quartier, Elvis entonne Blue Moon, et me berce jusqu’à ma porte.

 

Je me couche légère.

 

Voilà qui aère l’esprit !

Je repense à cette ballade en me levant, et même si je me suis réveillée avec un solide rhume, ce matin je ne regrette rien.

Excepté Léonard Cohen…

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