Nous y sommes, la trentaine a frappé à ma porte, déposant à mes pieds, en plus du chiffre rond, son lot de questions existentielles.

 

Quoi? Déjà? Si vite? Et personne ne m’a prévenue?

Comment est-ce arrivé?

 

Hier encore, je quittais le cocon familial…

Hier? Ah non! C’était il y a dix ans, soit 3650 jours.

Tout de même…

 

Pourtant, lorsque je me regarde nonchalamment à travers la vitre du tram attrapé à la hâte, ruisselante après une course sous la pluie, capuche sur la tête et mascara dégoulinant, j’ai l’air d’une éternelle adolescente.

 

Angoisse, peur de temps qui passe, regret des années d’insouciance…

Nous y voilà donc.

 

Serais-je devenue une vraie adulte, au sens péjoratif du terme?

Où est le temps?

 

Il suffit !

J’arrête ici les jérémiades, dignes d’une douairière face à l’apparition du phonographe.

 

Après tout, je n’en suis qu’au tiers de ma -je l’espère- longue vie…

Et puis, qui m’oblige à toutes les obligations qu’imposent le grand âge, sinon moi?

J’y penserai, oui oui. Mais plus tard.

 

Pour le moment, je vais plutôt profiter de ce vent de liberté !

 

A commencer par continuer sans culpabilité mes grasses matinées prolongées. Et si je n’arrive désormais plus à dormir jusque midi, je profiterai d’autant plus de ma journée (c’est fou tout ce qu’on peut faire en un samedi !).

 

Alors que je planifie gaiement mon été, je n’envie pas le moins du monde les plus jeunes, qui, à l’heure actuelle, pensent blocus, cote de présence et remises pour septembre.

 

Je saute sur les carrés d’herbe et les bières fraîches dès les premiers rayons de soleil !

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Je commence même à oublier les paroles de La Tribu de Dana, voilà qui est curatif !

 

Que se posent sur moi les regards admirateurs ; je suis née dans les années quatre-vingt, période qui relève du mythe pour ceux qui ne l’auraient pas connue !

 

Les plus âgés lorgnent sur ma jeunesse et ma vigueur, alors que les plus jeunes envient mon indépendance et ma sagesse.

Serait-ce, en fait, l’âge parfait?

 

A moi, les privilèges de cette nouvelle décennie, toutes contraintes envolées !

 

Un nouveau chapitre s’ouvre, et je l’accueille à bras ouverts, laissant les fameuses interrogations s’acheminer quand je l’aurai décidé.

Parce qu’un jour viendra, où j’aurai le triple d’aujourd’hui…

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