Force est de constater qu’au fil des années, ma manière de voyager s’est quelque peu modifiée.

 

Il y a quelques temps à peine, le paramètre économique était primordial.

Aujourd’hui, -et je peux le voir sur mon compte en banque-, celui du confort a pris le dessus.

 

Lors de la réservation de mon vol, j’opte pour une soute.

(Auparavant, j’aurais tout casé dans mon bagage en cabine, pas grave si je dois mettre la même culotte deux jours de suite).

Finalement, ce ne sont que quelques euros de plus…

 

Tout est prêt pour une semaine de Road Trip, la tente est pliée, manque juste le sac de couchage (j’étais pourtant persuadée d’en avoir un! quand l’ai-je utilisé la dernière fois? Heu… je ne sais plus…).

 

Parvenue à destination, je cherche un camping:

 

Celui-ci est plus qu’abordable ; l’équivalent de deux euros pour une tente, c’est un record.

Mais, à côté, il y a cette mignonne petite auberge, un peu plus chère soit, mais qui propose des lits… et une douche !

Conquise par la toilette privée, je sors ma Visa, avant de demander jusqu’à quelle heure le petit déjeuner est servi (je ne peux pas démarrer ma journée sans avoir bu mon thé, encore une conséquence de cette nouvelle décennie).

Après tout, j’ai la semaine entière pour dormir sous tente.

 

A la plage, je cherche l’ombre pour protéger ma peau laiteuse d’un soleil dangereux, ne m’exposant qu’aux heures les moins chaudes de la journée, craignant un vieillissement de mon épiderme et une mine fripée dans les dix ans à venir.

Quelques temps plus tôt, j’emportais ma graisse à traire et ma crème de carotte.

Et, chose pour laquelle je n’aurais jamais imaginé céder ;

Je paye pour m’allonger sur un transat.

(Tellement plus agréable que de s’allonger sur les galets !).

 

Avant, une tartine au fromage frais faisait l’affaire.

Aujourd’hui, je suis à l’affût une typique gargote qui sert de la nourriture locale, et analyse son menu avant de poser mon séant.

L’endroit doit être calme (je ne supporte plus de manger dans le bruit), et si possible, avec du wi-fi.

L’addition n’en est que plus salée…

 

L’avion du retour est aux petites heures de la matinée ? Pas de problème, je ne vais pas me fendre d’une chambre pour la dernière nuit, mais plutôt faire la fête jusqu’au moment de prendre la direction de l’aéroport. Ça va être super, youhou !

Sauf qu’à 30 ans, avec des kilomètres de randonnées dans les jambes, et deux Gin Tonic dans le gosier, mes yeux se font lourds, et les minutes passent affreusement lentement.

Bon, j’appelle un taxi, je dormirai dans le Terminal…

 

Seule une chose reste inchangée : cette carte postale, écrite dès le premier jour afin qu’elle parvienne à destination avant mon retour, et oubliée dans le fond de mon sac, pliée, ayant pris l’eau et un jet de crème solaire.

Bah, je la posterai à Bruxelles, l’air de rien.

illutransat

Quand à la tente et au sac de couchage…

Ceux-ci sont restés sagement dans le coffre de la voiture.

 

Il est donc résolu, le temps où, prête à faire quelques kilomètres de plus  pour trouver « le moins cher » du coin, je me félicitais d’avoir économisé quelques roupies.

A présent, c’est plutôt la banque qui me félicite pour l’usage de ma carte de crédit…

 

Est-ce la signe de mon entrée dans le monde des adultes ?

Au secours…

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